Bienveillance vs bientraitance
| Bienveillance (intention) | Bientraitance (action) | |
|---|---|---|
| Définition | Attitude de bonne volonté, de sollicitude | Démarche éthique traduite en actions concrètes |
| Caractéristique | État d’esprit, posture intérieure | Action réfléchie incluant l’écoute de l’autre |
| Exemple | « Vous avez froid, je vais vous apporter une couverture » | « Avez-vous besoin d’une couverture ou préférez-vous autre chose ? » |
| Limite | Peut être subjective, présomptueuse | Exige méthode et respect du choix |
On peut être bienveillant sans être bientraitant. La bientraitance intègre la bienveillance et y ajoute le respect du choix de l’autre — y compris ses refus.
Communication de base — entrer en relation
- Respecter la dignité : appeler par le nom de famille, vouvoyer, éviter l’infantilisation.
- Frapper à la porte pour capter l’attention.
- Demander la permission d’entrer.
- Attitude calme et souriante.
- Éviter l’invasion rapide de l’espace personnel.
Communication de base — pendant l’interaction
- Contact visuel, posture adaptée (à sa hauteur, en face).
- Débit verbal ralenti. Laisser le temps de répondre.
- Vocabulaire simple, éviter les demandes complexes et les expressions.
- Utiliser un langage connu (histoire de vie).
- Attention aux signes non verbaux.
- Ne pas confronter, ne pas solliciter ni tester la mémoire.
Nommer ses gestes et ses sensations
« Je lave vos cheveux, l’eau est chaude… » « Vous avez du poulet et des carottes, c’est salé et sucré… c’est bon ! » « Ça va serrer un peu votre bras… »
Cela rassure, ancre dans le présent, prévient les réactions de surprise.
Les outils relationnels
Validation
Identifier, reconnaître et permettre l’expression des émotions. C’est l’antidote à la dysrégulation émotionnelle. On cherche à rejoindre la personne dans sa réalité — y compris avec le « mensonge blanc » quand c’est apaisant.
Diversion
Détourner l’attention en l’orientant vers un élément positif relié à l’histoire personnelle. Conversation ou action concrète, significative, qui fait appel aux mémoires préservées. Validation et diversion vont ensemble.
L’occupationnel
L’ennui et le manque d’activités sont des causes fréquentes des SCPD. Environ 50 % du temps, une personne atteinte d’Alzheimer ne fait rien (Casey et al., 2014). Occuper, c’est prévenir.
Stratégie décisionnelle
Mode de communication utile en cas de résistance : on laisse l’opportunité de dire oui ou non.
- « Voulez-vous mettre ça ou ça ? »
- « Voulez-vous une lasagne ou un pâté chinois ? »
Écoute active adaptée
Rétroaction positive : « Vous avez raison », « Ça, je comprends », « Vous êtes bon·ne ». À éviter en présence de démence vasculaire avec aphasie ou de déficits cognitifs légers.
Toucher affectif
Communiquer par le toucher affection, réconfort, tendresse. Plus les déficits cognitifs sont graves, plus le toucher affectif devient un outil majeur. Prise pouce plutôt que prise du poignet — moins contraignant.
L’humour
Facilite le lien, détend l’atmosphère. À adapter à la personne — certaines ne réagiront pas bien. La nature de la relation est le seul guide.
Méthode discontinue
Technique utilisée quand un soin dure plus de 5 minutes : pauses régulières pour prévenir l’escalade.
Adapter l’environnement
Trouver l’équilibre entre surstimulation et sous-stimulation — diminuer ou augmenter les stimuli selon le moment et la personne.
À retenir
- La bientraitance exige des actions adaptées, pas seulement une bonne intention.
- Règles de communication : dignité, permission, lenteur, simplicité, non-verbal.
- Validation + diversion + occupationnel = prévention naturelle des SCPD.
- Toucher affectif : plus les mots s’effacent, plus il devient central.