Contexte
Monsieur Bergeron, 76 ans, TNCM fronto-temporal, stade modéré. Depuis 1 mois, il se lève la nuit et déambule dans le corridor. Hier, il est tombé (pas de blessure). La fille demande formellement qu’on « l’attache au lit la nuit pour sa sécurité ».
Profil rapide
- Ancien chauffeur routier, toujours actif, couchait tard.
- Veuf depuis 2 ans, a vécu seul jusqu’à son placement il y a 6 mois.
- Marche beaucoup, apaisé quand il bouge.
- Parle peu spontanément.
Comportement observé
- Lever vers 1-2 h du matin.
- Marche dans le corridor, regarde les portes fermées.
- Cherche parfois la sortie.
- Ne répond pas toujours quand on lui parle.
- Revient au lit après 15-30 min s’il est peu dérangé.
Pièges d’interprétation
- « Il est perdu » — il cherche à bouger, pas à fuir.
- « Il est agité » — il est calme mais déambulant.
- « Il faut l’arrêter » — c’est forcer une contention physique.
Besoins compromis
- Besoin de mouvement (habitude de vie).
- Besoin d’autonomie.
- Désorientation temporelle (confond jour / nuit).
- Ennui diurne possible (sous-stimulation entraîne éveil nocturne).
- Adaptation au milieu encore fragile (6 mois).
Questions à se poser
- Y a-t-il un risque réel de chute grave (environnement sécurisé ?).
- Que fait-il le jour ? Est-ce qu’il s’ennuie, dort trop ?
- Le cycle jour/nuit est-il adapté ?
- Comment répondre à la fille sans céder à la contention ?
Interventions non-pharmacologiques
Sécuriser sans contraindre
- Veilleuse dans la chambre + corridor.
- Sols sans obstacles, parcours dégagé.
- Lit bas + tapis de protection au sol.
- Capteur de mouvement (si disponible) pour alerte sans retenue.
- Bracelet de sécurité anti-fugue (si unité protégée).
Favoriser l’éveil diurne
- Activité physique rythmée le jour.
- Exposition à la lumière naturelle le matin.
- Limiter les siestes prolongées.
- Projet occupationnel en lien avec ses habitudes (objets liés au camion, cartes routières, etc.).
Accompagner l’errance nocturne
- Ne pas réveiller brutalement.
- Laisser marcher dans un espace sécurisé 10-15 min.
- Proposer un verre d’eau ou un biscuit s’il le souhaite.
- Raccompagner doucement avec validation.
Rencontre famille
- Expliquer : la contention augmente le risque de chute grave, de lésion, d’agitation.
- Présenter le plan alternatif et sa logique.
- Rassurer sur la surveillance de nuit.
- Reformuler le besoin de la fille (« je veux qu’il soit en sécurité »).
Seuil d’escalade
- Médication ne traite pas l’errance.
- Contention physique = dernier recours, encadrement légal strict, jamais sur demande familiale seule.
Débrief pédagogique
- L’errance est rarement une cible de médication.
- La demande familiale doit être accueillie, traduite en besoin (« sécurité »), pas exécutée telle quelle.
- Prévenir l’éveil nocturne passe par l’activité diurne.
Réutilisation
- En atelier : jeu de rôle rencontre famille.
- En quiz : « Que répondre à une demande familiale de contention nocturne ? »
- En fiche : check-list sécurité de la chambre nocturne.